Reconversion sage-femme : vais-je y arriver ? (1ère partie)

Je m’étais dit que le prochain article serait un article sur l’échec de mon allaitement, mais aujourd’hui j’en ai gros sur la patate, je suis un petit peu minée par de mauvaises nouvelles qui viennent d’arriver et qui mettent en péril mon projet professionnel.

Comme vous le savez je souhaite devenir sage-femme à 32 ans. C’est donc une reconversion professionnelle.

Avant je travaillais comme Webmaster. Un métier plaisant mais avec la naissance de mon premier enfant mes désirs ont évolués.

J’ai eu le coup de foudre pour la profession de sage-femme après la naissance de mon petit bout de chou. Comme je l’ai déjà dit, j’ai eu la chance  d’être choyé lors de ma grossesse, de mon accouchement mais aussi après.

J’ai accouché à la maternité de Pertuis dans le département du Vaucluse. Une maternité connu pour le bien-être qu’elle apporte aux mamans ainsi qu’aux bébés. Elle favorise la relation entre les parents et le bébé à la naissance.

Cette maternité m’a permis de tenir mon fils pendant 4 heures après avoir accouché. 4h de peau à peau qui nous ont permis de faire connaissance et de tisser un lien très fort. Elle nous permet d’accoucher dans la position que l’on désire et nous apporte un soutien psychologique.

Elle nous aide fortement pour l’allaitement mais ne porte aucun jugement si nous ne souhaitons pas allaiter. Bien évidemment il peut y avoir des échecs dans l’allaitement, c’est d’ailleurs mon cas… mais j’en reparlerai ultérieurement.

Peu de temps après mon accouchement je me suis renseignée sur ce métier.

Le cursus classique c’est un an en école de médecine pour obtenir le concours (PACES). L’admission en 1ère année en ecole de Maïeutique se fait ensuite en fonction du rang de classement, dans la limite du numerus clausus défini par arrêté ministériel. Ce qui est donc un chemin semé d’embûches.

Très déçue qu’il n’y ait que ce cursus, j’ai tout de même cherché et cherché encore pour savoir s’il n’y avait pas un autre moyen d’accéder a ce métier.

J’étais prête à m’inscrire en première année d’école de médecine même si je savais que les chances  étaient très faible en terme de réussite (13% en moyenne). Mais vivre pendant 5 ans sans aucune aide financière cela m’était impossible.

La plus part des gens qui souhaite faire ce métier sans passer par la case « médecine » passe par la Belgique ou les critères de sélection pour rentrer en école sont beaucoup moins « stricts » qu’en France.

1ère difficulté : Obtenir les bonnes informations

Je suis allée sur le site de l’Ordre des sages-femmes et j’ai vu qu’il existait des passerelles pour y accéder si l’on avait un master puis après un passage devant un jury. Par ce biais, il n’y a évidemment que TRÈS TRÈS PEU de places.

Je suis donc retournée au Pôle emploi pour expliquer mon projet professionnel. Mon super conseiller a téléphoné à l’ordre des sages-femmes pour avoir confirmation. La première personne lui a indiqué que ce n’était pas possible. Que le seul moyen qui existait c’était en passant par l’année de médecine. Heureusement après avoir montré le site à mon conseillé sur lequel l‘information était inscrite noir sur blanc il a insisté et la deuxième personne lui a confirmé que c’était effectivement possible.

Compliqué  donc, mais possible.

J’ai donc eu l’accord de celui-ci pour reprendre mes études afin d’obtenir un master. J’ai donc été classifié auprès de pole emploi comme « en formation ».

2ème difficulté : L’école

La formation étant payante, est plutôt cher, il a fallu demander à Pôle Emploi une aide pour m’inscrire dans cette école. Après s’être renseigné mon conseillé, m’a annoncé que malheureusement il ne finançait que les master 2.

Je me suis donc retournée auprès de l’école pour expliquer que finalement je ne pourrais pas m’inscrire dans cette formation. La responsable des inscriptions en formation continue m’a engueulé (oui j’ai bien dit engueuler), en me disant qu’il ne fallait pas préciser à mon conseiller que cette formation se déroulait sur 2 ans. Je lui ai répondu, qu’il était hors de question que je m’inscrive sans être sur de pouvoir obtenir une aide pour financer les 2 ans de formation. Que je ne pouvais pas prendre le risque de faire une année et pas l’autre. Aucun intérêt pour moi dont le but est simplement d’obtenir un bac+5.

Elle m’a alors formulé la réponse suivante : « J’ai plein d’autres personnes dans le même cas que vous, et qui ont été tout de même aidé par Pôle Emploi. De plus, NORMALEMENT, la 2ème année est totalement pris en charge par la région ».

Je retourne donc voir mon conseillé, lui explique la situation. Il l’appelle pour être sur de ce que j’avance. Elle lui répond la même chose. Il lui demande donc un devis pour faire une demande AIF (aide à la formation). Après passage devant une commission, mon dossier est accepté. Je peux donc entrer en M1.

Ouf 2ème obstacle franchi.

Sans compter les différents problèmes de garde avec mon fils, d’emploi du temps lourd surtout au premier semestre etc, je réussi fièrement le premier semestre. Aujourd’hui j’attends les résultats du 2ème qui je l’espère seront concluant. En attendant je m’occupe de l’inscription en 2ème année de master (M2).

Je demande à la scolarité quels sont les démarches pour me réinscrire et terminer ma formation.

Là, surprise, elle me répond que je dois refaire une demande AIF auprès de Pôle Emploi. Je ne comprends plus rien et j’ai l’impression qu’elle s’est « légèrement » moqué de moi. Ne m’aurait-elle pas incité à m’inscrire l’an dernier malgré mes craintes, simplement pour obtenir l’aide de la région et de pôle emploi ? Le coût total de la première année s’élevant à 7500€ si mes souvenirs sont bons. Une somme conséquente pour l’établissement.

Je me retourne de nouveau, un an plus tard, vers mon conseillé, lui explique la situation. Et m’explique à son tour, que les aides l’année dernière étaient assez conséquentes car ils avaient un budget tout aussi conséquent mais que cette année, c’était très difficile financièrement. De plus, je ne dois normalement bénéficier de cette aide, qu’une seule fois. Il me propose cependant d’essayer de faire la demande d’AIF et que l’on attendrait la réponse de la commission pour voir si je pouvais en bénéficier de nouveau. Sans me donner de réel espoir.

Donc déjà premier coup de gueule contre la secrétaire de l’école qui m’a menti sans vergogne. Qui met en péril mon projet professionnel.

Pleine d’espoir et surtout une grande motivation, je ne baisse pas les bras. Je me dis qu’il faut quand même continuer à se battre et trouver des solutions. Il faut que je réfléchisse au différentes solutions.

3ème difficulté : la préparation en amont

Pour préparer mon éventuel rentrée en école de maïeutique, je décide d’envoyer un mail à l’ordre des sages-femmes pour obtenir une liste de bouquins de révision. Il me reste une année avant de faire les inscriptions, mais ne passant pas par le cursus classique il me semble impératif de préparer en amont mon inscription.

La réponse fut rapide, elle me conseille de me tourner vers les établissements de maïeutique directement. J’envoie donc un mail à l’école de Marseille, ville la plus proche de mon domicile. Et celle-ci me répond également rapidement, pour m’indiquer que les inscriptions ne se font que lorsque l’on a passé la première année d’étude commune aux métiers de santé (PACES). En gros, elle me décourage et ne répond ABSOLUMENT pas à ma question.

Alors oui je suis en colère, que l’on essaye de me décourager. J’en ai marre de ces gens qui sont frustrés de la vie parce que l’on ne passe pas par la première année de médecine. Oui réussir l’école de médecine est très difficile, et vous avez un sacré mérite de passer par là. Mais après mon bac je n’avais pas du tout l’intention de faire sage-femme. Je ne connaissais d’ailleurs pas vraiment ce métier ni leurs différentes compétences. Je ne m’y intéressais pas vraiment. C’est grâce à ma grossesse et la naissance de mon fils que je suis tombée amoureuse de cette profession. Pourquoi n’aurais-je pas le droit de tenter ma chance aujourd’hui ? J’ai quitté ma profession et fais des sacrifices financiers énormes pour pouvoir réussir à faire ce métier. Pourrais-je avoir un peu d’aide et de considération ?!

J’ai envoyé un autre mail à une autre école. J’attends la réponse.

Pour connaître la suite de mes aventures dans ma reconversion pour devenir Sage-Femme

Rendez-vous sur Hellocoton !

4 réponses sur “Reconversion sage-femme : vais-je y arriver ? (1ère partie)”

  1. C’est assez compliqué pour qui n’a pas suivi ce cursus, mais à te lire on sent bien le paradoxe et le « serpent qui se mord la queue ». J’espère que tu vas arriver à aller au bout de ton projet – c’est vrai que c’est une profession que l’on comprend d’autant mieux après avoir eu des enfants, je m’étonne donc effectivement qu’il n’y ait pas un « passage » plus facile pour des femmes qui ont l’idée, comme toi, d’une reconversion professionnelle tardive – car tu dois être loin d’être la seule!

    1. Merci beaucoup. J’espère vraiment y arriver mais c’est vrai que par moment tout me semble si compliqué.
      Certaines écoles expérimentent le recrutement de certains élèves avec un parcours un peu atypique mais le nombre reste très faible, les critères de sélection méconnus et beaucoup de personnes s’y opposent notamment les étudiants qui passent pas le cursus classique. Bref… Compliqué tout ça. La suite au prochain épisode 😊

  2. Hâte de savoir ce qu’il en est… comme beaucoup de métiers-passion, il y a tant de barrage à l’entrée que certaines personnes motivées et douées dans la pratique, ne peuvent malheureusement pas accéder à leur rêve professionnel… C’est triste. Mais pour autant il ne faut pas se décourager. Courage ! Et surtout, tiens nous au courant !

    1. Merci beaucoup pour ton message qui me touche beaucoup. En effet, nombreux sont les personnes qui sont faites pour un métier et qui ne peuvent y accéder c’est bien dommage et j’espère sincèrement qu’il y aura une évolution en ce sens dans l’avenir. En tout cas merci beaucoup pour tes encouragements 😊

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