Stage à la maternité – mon immersion professionnelle (1ère partie)

Pfiouuuu ce fut une petite semaine très intense, où mes sentiments jouaient aux montagnes russes. Je passais de la joie, au stress, à la colère en 2 secondes.

Je n’étais pas très à l’aise au début, forcément je ne connais personne, je ne sais pas quoi faire, ou plutôt je n’ai le droit de rien faire, puisque c’est un stage d’observation, qui plus est dans un milieu hospitalier, l’erreur n’étant pas de mise, il était bien évidemment difficile ne serait-ce que d’aider les autres de peur de commettre une erreur.

J’étais hyper excitée en arrivant, trop hâte de voir plein de choses, de découvrir le milieu dans lequel je rêve de travailler. Mais j’étais aussi hyper stressée, angoissée de savoir comment ça allait se passer, de savoir si j’étais capable de supporter, de voir, de sentir…

Je remercie encore énormément la cadre du service de maternité qui m’a permis d’effectuer ce stage dans une maternité réputé pour la qualité de ses services.

Le 1er jour : J’ai mis du temps avant de trouver mes marques et le premier jour fût compliqué nerveusement. J’étais avec une auxiliaire de puériculture et une stagiaire aide-soignante. Je n’ai donc pas vu le métier de sage-femme et j’ai eu peur que le reste du stage se passe de la même manière.

J’ai donc passé ce premier jour à faire le tour des chambres, regardant mes « collègues » pour la semaine, prendre la tension, température et faire les lits.

Puis la cadre me demande d’aller dans son bureau. Elle me redemande mon parcours et mes ambitions. Je lui explique donc que je suis en reprise d’étude afin d’obtenir un bac +5 pour tenter la passerelle de maïeutique. Elle me répond, en basculant sa tête de gauche à droite que je n’y arriverais jamais.

Je suis désespérée d’entendre ces mots et je suis en colère qu’on essaie sans cesse de me décourager. Mais cela ne m’atteint absolument pas dans ma motivation. Cette passerelle a été crée pour des gens comme moi. Même si je sais que le chemin est long et compliqué, j’ai envie d’y croire et j’y arriverai !

Elle finit sa discussion en me disant que j’ai raison d’essayer. « Qui tente rien n’a rien », mais que le chemin va être compliqué… Puis elle me propose d’aller en salle d’accouchement et en consultation les jours suivants. Je suis de nouveau excitée et je me rends compte que j’ai beaucoup de chance de faire ce stage.

2ème jour, une césarienne programmée et un accouchement déclenché sont prévus. La cadre m’avait parlé d’y assister. J’entends dans les couloirs que cela ne devrait plus tarder. Je me précipite donc pour lui en reparler. Elle m’accompagne en salle d’accouchement pour me présenter au reste du personnel.

Les auxiliaires ne sont pas trop d’accord. Elles souhaitent que je reste à l’étage pour aider l’auxiliaire à faire les lits. Je ne leur ai pas été vraiment présenté et elles pensaient certainement que je pouvais faire les lits… Ça râle un peu. Je me sens très mal à l’aise. Je comprends qu’il y a d’autres petits problèmes sous-jacents. Ils sont aussi en sous-effectif et les filles sont très contrariées. Je me sens encore très mal à l’aise et pas à ma place, mais en même temps en l’espace de quelques secondes, cette situation me met en colère, je regrette sincèrement leur situation, je comprends qu’une surcharge de boulot est difficile à supporter, mais je ne suis pas venue pour faire les lits, je fais ce stage pour confirmer mon projet professionnel et je regrette leur comportement. Mais cette petite semaine je veux voir des accouchements !

La cadre, confirme que je ne suis pas là pour travailler mais pour observer le métier de sage-femme. J’explique un peu plus en détail pourquoi je suis ici. Ce n’est pas forcément évident de comprendre, surtout que je suis visiblement la première qu’ils reçoivent dans le cas d’une immersion professionnelle.

Je suis donc E. qui est auxiliaire de puériculture. Elle s’occupe de préparer les salles d’accouchement, vérifie que tout le matériel est présent, comble les produits manquants, nettoie la salle de préparation à l’accouchement (je l’aide bien évidemment, je ne suis pas rancunière 😉 ), elle me montre le labo, la pharmacie. Puis nous partons en salle d’accouchement, ça y est, ça arrive !!!

Un jeune couple qui attend son 2ème enfant. Femme dilatée à 10, prête à pousser, sous péridurale. Je me mets dans un coin pour éviter de gêner la sage femme et l’étudiante SF qui l’accompagne, mais je suis assez prêt pour tout voir. Ça y est, elle pousse.

Au moment de la poussée quand le bébé est vraiment en train de s’engager vers la sortie, je vois la sage-femme retenir la tête du bébé, j’apprends plus tard que c’est pour éviter qu’il ne sorte comme un bouchon de champagne. Visiblement cela peut causer des déchirures. J’avais déjà vu en vidéo des accouchements ou le bébé sort d’un coup  (sans aide), mais je ne pensais pas que c’était systématique.

J’ai déjà appris des choses 😊

Au moment où la tête de l’enfant est bien avancée vers la sortie, la sage-femme me demande de mettre un peu de Bétadine sur la tête du bébé. Je n’ai même pas demandé pourquoi dans l’excitation, mais j’ai supposé que c’était pour qu’il glisse un peu plus facilement (sans confirmation).

En quelques poussées seulement son fils est là. C’est totalement magique ce que tu ressens. C’est fantastique.

La maman attrape son bébé lorsque les bras son dehors. Ça me replonge tout à coup 2 ans 1/2 en arrière. J’ai envie de pleurer de joie. C’est vraiment un des plus beaux métiers du monde.

La maman est heureuse, tout s’est très bien passé, et le papa pleure tout ému encore de rencontrer pour la première fois son fils.

Il s’appelle Loris.

 

 

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